Traduction de Funeral Ikos de John Tavener

John Tavener

Funeral Ikos

Pourquoi ces mots amers des mourants, ô frères, qu’ils prononcent en s’en allant ? Je suis séparé de mes frères. Tous mes amis, je les abandonne, et je m’en vais. Mais où je vais, je ne sais pas, non plus que ce qu’il adviendra de moi là-bas. Seul Dieu, qui m’a convoqué, le sait, mais commémorez-moi en chantant : Alleluia.

Mais où vont les âmes ? Comment ne vivent-elles pas ensemble là-bas ? Ce mystère, j’ai désiré le connaître, mais personne n’a pu m’éclairer. Se souviennent-elles de leurs vivants, comme nous le faisons d’elles ? Ou ont-elles oublié tous ceux qui les pleurent et chantent : Alleluia.

Nous avançons sur le chemin éternel, et, tels des condamnés, le visage baissé, nous nous présentons devant l’unique Dieu éternel. Où est donc la beauté ? Où est donc la richesse ? Où est donc la gloire de ce monde ? Là aucune de ces choses ne nous aidera , si ce n’est dire souvent le psaume : Alleluia.

Si tu t’es montré miséricordieux envers l’homme, ô homme, on te manifestera la même miséricorde là-bas ; et si tu as témoigné de la compassion à un orphelin, la même te délivrera là-bas du besoin. Si dans cette vie tu as vêtu ceux qui étaient nus, les mêmes te donneront un abri là-bas, et chanteront le psaume : Alleluia.

Jeunesse et beauté du corps s’estompent à l’heure de la mort, et la langue brûle alors atrocement, et la gorge desséchée est en flammes. La beauté des yeux est alors éteinte, la beauté du visage complètement altérée, les lignes du cou sont anéanties ; et les autres parties du corps sont engourdies, et ne disent souvent : Alleluia.

Nous sommes embrasés par l’extase si seulement nous apprenons qu’il y a là-bas la lumière éternelle, qu’il y a un Paradis, où toutes les âmes des Justes se réjouissent. Entrons nous aussi dans le Christ,